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18 Jul

Esprit Trail n° 57 août/sept 2013 pages 94, 95, 96 :-)

Publié par Alain Bustin

Coucou les Zamis,

 

Dans le n°57 spécial UTMB, superbe article interview de trois pages sur votre serviteur

P1030552.JPG 

P1030554.JPGP1030555                                   Un grand merci à Isabelle Guillot & Serge Morot.

Vu la liquidation judiciaire de Kirograpahaires, j'espère que les lecteurs me contacteront pour recevoir le roman sinon il faudra mettre l'envie de le lire en mémoire et attendre sa nouvelle sortie vers le quinze octobre aux éditions Avant-Propos link 

Ci-dessous l'interview dans son intégralité :

 

Alain Bustin,

La plume est en chemin

 

Rencontre

http://alainbustin.over-blog.com/

Dans notre n°54, nous vous avions présenté le second roman d’Alain Bustin : La course de lumière. Au-delà

de cette lecture – pour rappel une histoire d’amour entre un père et un fils dans le cadre prestigieux de

l’Ultra Trail du Mont Blanc - Esprit Trail a voulu en savoir un peu plus sur ce romancier, ce coureur qui,

depuis quatre ans, partage son temps entre sa Belgique natale et Chamonix, sa montagne d’adoption.

 

Propos recueillis par Isabelle Guillot. Photos AB.

 

Alain Bustin : Je suis Belge (une fois) mais ma mère était Française. Je suis encore

un gamin même si je vais bientôt fêter mes 63 ans. Comme le temps passe...

La course ? Enfant, j’ai participé à quelques cross, pour faire plaisir à mon père. Je

n’étais pas mauvais mais ce n’était pas trop mon truc. Ensuite, il a fallu attendre un

bon bout de temps jusqu’à mon service militaire, j’étais au 2e régiment de chasseurs

à pied ! Bonjour les longues marches et le cross du vendredi avec le gros sac et le

fusil… Puis à 40 ans, l’âge des interrogations, revoilà le mot courir. Depuis lors, c’est

une véritable passion. Principalement les longues distances et surtout en montagne.

Mon premier marathon ? J’avais 43 ans, c’était Paris. Depuis il y en a eu beaucoup,

beaucoup d’autres, et partout dans le monde. A partir de 2006, je n’ai plus couru

que des marathons de montagne, des ultras, des trails. Ma première compétition en

montagne ? Sierre-Zinal, 31km et 2200m de dénivelé positif. C’était en 1993, une tout

autre époque. Je me souviens qu’en Belgique, la presse spécialisée présentait cette

course comme une course extrême et les quelques Belges participants comme étant

un peu cinglés…

 

Esprit Trail : Commençons par l’écriture, comment cela a-t-il commencé et

pourquoi écris-tu ?

 

Alain Bustin : J’ai toujours aimé écrire. Déjà à l’école primaire, le professeur lisait

mes rédactions à toute la classe. Beaucoup plus tard, en 2002, dans le cadre de mon

travail, je donnais des conférences et l’enseignement supérieur français m’a demandé

de publier mon exposé. Tout cela était dans ma mémoire lorsqu’en 2005, un incident

sérieux est survenu dans ma vie de père. J’étais au bord du gouffre. Pour ne pas sombrer,

je travaillais comme un fou, je n’avais même plus l’envie de courir. C’est l’écriture

qui m’a permis de m’en sortir. Aujourd’hui, je suis dans une tout autre démarche,

beaucoup plus sereine. J’écris pour témoigner que le bonheur est dans l’instant, dans

l’accueil. Sur le chemin de notre vie, tout est transition.

 

ET : Tu peux nous donner un peu plus de détails ?

 

Alain Bustin : À ce moment-là, j’ai pensé que raconter une histoire à mon fils sous la

forme d’un roman pourrait l’aider sur son propre chemin. Mon personnage principal,

Albert, est un coureur de marathon, passionné de montagne, en quête… d’où le titre

Albert ou la quête d’un marathonien. Il me ressemble parfois étrangement, du moins

à une certaine époque. Pour moi, il n’était d’abord nullement question d’être publié. Et

puis une amie traileuse, une lectrice exigeante, a lu cette histoire et m’a encouragé à

la proposer à un éditeur. J’ai envoyé mon manuscrit sans conviction, presque pour lui

faire plaisir ! Neuf mois après… tout un symbole, j’ai reçu une réponse positive d’un

éditeur belge, l’histoire commence.

 

ET : Ensuite ?

 

Alain Bustin : Une médiatisation importante, une nomination au titre de meilleur auteur

du mois en mai 2010 par l’association Prom’auteurs en Belgique, le bouche à

oreille dans le milieu de la course, tout s’enchaîne. Je suis invité à participer à des

salons du livre, des soirées rencontres dans les clubs, des séances dédicaces sur les

courses et dans les librairies. Puis, en août 2012, mon second roman, La course de

lumière est publié. Cette fois-ci, l’éditeur est Français. On y retrouve Albert, il court

l’UTMB. Aujourd’hui, plus de onze mille personnes suivent mon blog. Je reçois très

souvent des courriels, des lettres auxquelles je réponds toujours.

 

ET : Quel est ton ressenti ?

 

Alain Bustin : Tout simplement du bonheur que je partage avec le monde de la course,

mes amis coureurs. Au travers de mes personnages, j’ai l’impression de communiquer

un peu notre passion. Pour moi, le plus bel exemple - en plus des témoignages dans

le livre d’or sur mon blog – c’est à Chamonix, dans la rue, ces quelques personnes

qui m’ont remercié pour le roman : Monsieur, je ne suis pas coureur. Chaque année

j’assiste au départ de l’UTMB, ce truc de fou. J’ai acheté votre roman, c’est incroyable.

Maintenant je comprends votre sport. Un autre : A la fin de l’histoire, j’avais l’impression

de l’avoir moi-même couru. Beaucoup aiment aussi cette histoire entre un père

et son fils.

 

ET : Certains sur ton blog te qualifient d’écrivain lyrique. Ton avis ?

 

Alain Bustin : Il est vrai que j’aime exprimer les sentiments, les émotions. Nous avons

tous un jardin secret, une histoire, une quête, un besoin d’amour et de reconnaissance.

L’effort extrême des ultras n’est peut-être qu’un moyen d’y accéder. A chacun

sa façon…

 

ET : Comment construis-tu tes romans, fais-tu un plan ou bien te laisses-tu

guider par ton inspiration ?

 

Alain Bustin : En gros, j’écris l’histoire et puis quand je rentre dans mes personnages,

il y a toujours des surprises. Souvent, ils prennent le dessus et me guident là où il leur

semble bon. C’est parfois difficile de quitter ses personnages pour revenir à la réalité.

Un peu comme quand on redescend de là-haut…

 

ET : Un nouveau projet d’écriture ?

 

Alain Bustin : Oui, un recueil de nouvelles qui est presque achevé. Toujours Albert qui

court… Des histoires, parfois très brèves, parfois un peu plus longues. La surprise,

c’est que chaque nouvelle est illustrée par une photo noir et blanc d’un nouvel ami

parisien bien connu dans le milieu de la photographie. Pour lui, comme pour moi, ce

projet d’édition est une expérience nouvelle que nous adorons partager. Je donne

parfois des extraits à lire à d’autre coureurs, ils adorent.

 

ET : Parlons courses. Es-tu ou étais-tu un coureur chrono ?

 

Alain Bustin : Non, pas du tout même si j’ai souvent essayé de passer sous la barre

des trois heures sur marathon et sous la barre des quatre heures sur Sierre-Zinal.

Mais j’ai toujours échoué, parfois pour moins de deux minutes ! Il faut dire que j’étais

jeune avec moins d’expérience, je n’avais que 50ans. Pour moi, le maître mot c’est

plaisir et pas chrono. J’adore également faire découvrir une course à quelqu’un pour

qui c’est la première participation. C’est arrivé très souvent.

 

ET : Ta plus belle course, ton plus beau souvenir ?

Alain Bustin : Difficile de répondre à cette question ! On me la pose très souvent. C’est

vrai que j’ai eu la chance de courir partout dans le monde avec plus de cent grandes

courses et marathons à mon actif. Je totalise presque deux tours du monde en courant

et probablement plus du quart en montagne. Mais pour moi, l’essentiel, c’est le plaisir

de courir tout simplement, avec ou sans dossard, mais je rêve aussi de la sortie que

j’espère faire demain. Mon plus beau souvenir ? Les longues sorties en montagne,

seul ou avec des amis. J’adore partir pour trois, quatre jours. Le soir, avoir le plaisir

de faire étape dans les refuges, de rencontrer des gens, de partager un bon verre de

vin. A ce sujet, j’ai dû faire le parcours de l’UTMB une bonne dizaine de fois en quatre

jours. Cela m’a beaucoup aidé pour le roman.

 

ET : Un mauvais souvenir ?

 

Alain Bustin : Je dirais plutôt deux leçons de vie. La première : après avoir terminé

le GR20 en rando-trail, j’étais totalement épuisé. La Corse est un terrain de jeu très

difficile, il faut être vigilant en permanence. Ensuite, malgré toute cette fatigue, j’ai

couru Sierre-Zinal et enchaîné avec le Jungfrau Marathon. Résultat de cette folie, mon

corps a dit stop. Il m’a fallu quatorze mois pour m’en remettre ! Cette année-là, j’ai

compris le mot récupération… Ensuite, pendant l’UTMB 2011, j’ai choisi de renoncer,

c’est la seule fois en vingt-trois ans de compétition. Une météo difficile. Je ne sentais

plus mes genoux, c’est tout juste si je pouvais marcher. J’ai préféré m’arrêter au refuge

de Maison Vieille juste avant la terrible descente sur Courmayeur. Cela m’a aussi

beaucoup inspiré pour le roman…

 

ET : J’ai appris que ton éditeur français est en liquidation judiciaire, une très

mauvaise nouvelle pour toi, non ?

 

Alain Bustin : C’est exact. Sur le coup, une immense déception sans parler de l’aspect

financier. La personne en charge de la liquidation m’a informé que les auteurs ne

toucheraient jamais leurs droits. Heureusement, la bonne nouvelle, c’est que le roman

sera repris par un éditeur belge de renom. Une nouvelle vie pour le roman qui, cette

fois-ci, sera diffusé en Belgique, en France, en Suisse et probablement au Canada.

D’ici là, j’espère faire la jonction avec mon stock personnel. Il suffit de m’envoyer un

message via mon blog ou de le commander via le site de l’UTMB.

 

ET : Des projets de courses pour cet été, à nouveau l’UTMB ?

 

Alain Bustin : Un sixième UTMB mais comme bénévole dans l’organisation. Idem pour

le marathon du Mont Blanc. Les courses ? J’espère courir le marathon de Zermatt,

l’Eiger Ultra-Trail, Sierre-Zinal (je m’approche des vingt participations) et enfin le Matterhorn

Ultracks. Quelques sorties de deux, trois jours avec des amis sont programmées

dont le parcours de la TDS. Comme tu vois, c’est comme dans la chanson d’Eric

Charden : Même s’il pleut l’été s’ra chaud…

 

 

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